Concilier les repas de Chabbat copieux et le respect de ma santé 

Le Chabbat est un joyau. Une table dressée, des chants, des visages lumineux, des mets raffinés… et parfois, une sensation de lourdeur, de perte de contrôle, voire de culpabilité. Comment honorer la sainteté du jour sans transformer la mitsva de oneg Chabbat en excès nuisible ? Comment rester fidèle à la joie du Chabbat tout en respectant son corps, qui est lui aussi un dépôt sacré confié par Hachem ? Explorons cette tension avec la lumière de la Torah.

 

La sainteté de la table de Chabbat sans tomber dans la gourmandise

Représenter la gourmandise - Alimentation Générale

La Torah nous ordonne : » זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת לְקַדְּשׁוֹ « Souviens toi du jour du Chabbat pour le sanctifier

Sanctifier ne signifie pas simplement manger davantage. Sanctifier signifie élever.

Le Rambam écrit : « הֱיוּ כָל מַעֲשֶׂיךָ לְשֵׁם שָׁמַיִם » Que tous tes actes soient pour le Nom du Ciel

Même l’acte de manger peut devenir avodat Hachem. Mais il peut aussi devenir une simple recherche de plaisir brut.

Le Messilat Yesharim enseigne : « הַפְּרִישׁוּת הִיא שֶׁלֹּא יִקַּח הָאָדָם מִן הָעוֹלָם אֶלָּא מַה שֶׁהוּא צָרִיךְ »
La retenue consiste à ne prendre du monde que ce dont l’homme a besoin.

Chabbat n’annule pas ce principe. Il l’affine. Il ne s’agit pas de se priver de la joie du jour, mais de se demander :

Est ce que je mange pour honorer le Chabbat ou pour remplir un vide ?

La différence entre oneg et taava

Le plaisir de Chabbat est une mitsva. La gourmandise est un débordement.

Rav Dessler explique que la différence entre kedoucha et taava tient à l’intention. Lorsque je mange avec conscience, reconnaissance et mesure, je transforme la nourriture en élévation. Lorsque je me laisse entraîner par l’impulsion, je descends.

Exemple concret :
Toujours se servir une première assiette avec intention : « Je mange pour avoir la force de chanter, d’étudier, d’être présent à ma famille. » Attendre quelques minutes avant de se resservir. Très souvent, l’élan d’excès disparaît.

La table de Chabbat doit ressembler à un autel, pas à un champ de bataille intérieur.

 

Choisir la qualité plutôt que la quantité pour honorer le jour saint

qualité

Le prophète Yéchayahou dit : « וְקָרָאתָ לַשַּׁבָּת עֹנֶג » Tu appelleras le Chabbat délice.

Le mot oneg ne signifie pas abondance illimitée. Il signifie raffinement, délicatesse, présence.

Rav Kook écrit dans Orot HaTeshuvah que la téchouva naturelle consiste aussi à revenir à une vie saine, en harmonie avec les lois du corps et de l’âme . Respecter son corps fait partie du retour à l’équilibre voulu par Hachem.

Honorer par la qualité

Un plat bien préparé, savouré lentement, avec gratitude, honore davantage le Chabbat que cinq plats avalés dans la précipitation.

Le Baal HaTanya explique que l’âme animale cherche la consommation immédiate, tandis que l’âme divine cherche l’élévation . Le Chabbat est précisément le moment où l’âme divine peut guider la table.

Exemple pratique :
Manger plus lentement que d’habitude. Poser la fourchette entre deux bouchées. Chanter un chant entre les plats. Introduire des paroles de Torah. La quantité diminue naturellement quand la conscience augmente.

La joie ne dépend pas du volume

Beaucoup ont peur que réduire les excès enlève la joie. En réalité, c’est l’inverse.

Une consommation excessive crée lourdeur, somnolence, irritabilité. Une consommation mesurée crée clarté, énergie, disponibilité émotionnelle.

 

L’importance de la satiété sans lourdeur pour rester actif dans la prière

Le Chabbat ne s’arrête pas au repas. Il y a la tefila, l’étude, la présence familiale.

tefila du chabbat

Rav Miller explique que la prière est une occasion immense d’élévation, un moment où l’on ne doit pas « gaspiller l’opportunité » . Or un corps alourdi rend l’âme paresseuse.

La Guemara enseigne que la Torah ne se maintient que chez celui qui se maîtrise. La maîtrise alimentaire fait partie de cette discipline intérieure.

Manger pour servir, pas pour s’endormir

Se poser une question simple avant de se resservir :
Est ce que cette portion supplémentaire m’aidera à mieux prier ou m’alourdira ?

Le Rambam, dans ses lois de santé, insiste sur la modération comme clé de vitalité. La santé n’est pas un luxe moderne, c’est une obligation halakhique.

Exemple concret :
Sortir marcher 10 à 15 minutes après le repas de Chabbat midi. Respirer. Parler de Torah en marchant. Cela transforme la digestion en moment spirituel.

 

Contre argument : mais nos grands parents mangeaient abondamment !

C’est vrai. Mais leur mode de vie était plus physique. Moins sédentaire. Moins industriel. Moins sucré.

La Torah n’a pas changé, mais notre physiologie et notre environnement ont évolué. L’application demande intelligence.

La sainteté ne réside pas dans la reproduction mécanique du passé, mais dans la fidélité vivante à l’esprit de la Torah.

 

Vers une table de Chabbat équilibrée

Voici un cadre simple :

Première étape : préparer mentalement le repas comme un moment spirituel.
Deuxième étape : privilégier la qualité des mets, pas leur accumulation.
Troisième étape : introduire du chant et de la parole de Torah pour ralentir le rythme.
Quatrième étape : viser la satiété confortable, pas la lourdeur.
Cinquième étape : intégrer un court moment de marche ou de mouvement.

La kedoucha aime l’équilibre.

Comme l’enseigne Rav Itamar Schwartz dans ses écrits sur le bitachon, il existe en nous un espace intérieur paisible où rien ne nous pousse à l’excès . Le Chabbat est l’occasion de revenir à cet espace.

Honorer le Chabbat, c’est honorer l’âme. Honorer l’âme, c’est aussi respecter le corps.

 

Conclusion

Le Chabbat n’est ni un jour de privation ni un jour d’excès. C’est un jour d’élévation. La table de Chabbat peut devenir un lieu de sainteté consciente, où la nourriture nourrit le corps sans étouffer l’âme. En choisissant la qualité plutôt que la quantité, la présence plutôt que la compulsion, la satiété plutôt que la lourdeur, nous transformons chaque bouchée en service divin. Ainsi, nous restons actifs dans la prière, présents à nos proches, et fidèles à la mission que Hachem nous a confiée : sanctifier le monde, y compris à travers notre assiette. Puissions nous mériter des Chabbat pleins de lumière, d’équilibre et de joie véritable. Et pour approfondir ces thèmes de maîtrise, de kedoucha et d’équilibre intérieur, je vous invite à consulter nos autres articles et à contacter l’assistance du site pour un accompagnement personnalisé.

 

Points clés à retenir :

  • Le oneg Chabbat est une élévation, pas une permission d’excès.
  • La qualité et la conscience priment sur la quantité.
  • La modération permet une meilleure prière et une vraie joie.
  • Respecter son corps fait partie du service d’Hachem.
  • Introduire chants et Torah aide à ralentir et sanctifier le repas.

 

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